Emmanuelle Pireyre revient à la Villa La Brugère pour une nouvelle résidence. Elle souhaite y poursuivre l’écriture de son livre en cours intitulé L’Asile. L’histoire se passe dans les Alpes du sud, non loin de la frontière italienne. La nuit, des exilés passent la frontière, pourchassés par la police et secourus par des guides de montagne qui refusent que leur montagne devienne un cimetière. Des enfants, ou plutôt des adolescents d’environ 14 ans, rencontrent certains exilés en transit dans leur petite ville, partagent des parties de football, puis peu à peu se mettent à tisser avec eux des liens et à participer à leurs complexes démarches administratives. Les enfants font tout cela naturellement, dans une sorte d’inconscience, mais à un moment, lors d’une compétition de patinage, ils s’évanouissent presque tous, s’effondrent, apparemment très malades.
Ce texte s’écrit au croisement de plusieurs thèmes et phénomènes qui intéressent l’autrice ces dernières années. Bien sûr la question douloureuse des migrations, des personnes en exil, de leur héroïsme et de l’accueil qu’on leur réserve. Mais aussi l’engagement politique lié à une géographie particulière, l’éthique de la montagne ; et l’engagement international de groupes d’enfants courageux et révoltés, comme autour de Greta Thunberg, avec ces impressionnantes disproportions entre l’action des enfants et le pouvoir des États, disproportions émouvantes et aussi un peu drôles. Enfin, elle s’est intéressée aux étonnants phénomènes de psychose collective où des jeunes qui vivent des périodes stressantes se mettent soudain à développer des symptômes de groupe semblables à des épidémies, qui paraissent très graves, mais s’avèrent finalement bénins.