Evelise Millet vient en résidence pendant deux semaines à la Villa La Brugère pour travailler à son projet La peau de l’eau qui se concentre sur l’estuaire de la Seine. Dans ce projet, il ne s’agit pas seulement de produire des empreintes de la surface de l’eau, mais de chercher ce que ces empreintes révèlent d’un milieu. Cette recherche explore les invisibles de l’eau (micro-organismes, contaminants) et leur persistance dans la mémoire des sédiments.
Dans le cadre d’un accueil au sein du laboratoire de recherche Morphodynamique Continentale et Côtière (Rouen et Caen), Evelise Millet aborde le fleuve à différentes échelles. Les échanges avec les scientifiques ouvrent de nouvelles dimensions. L’observation du phytoplancton au microscope, par exemple, ou les analyses géochimiques, déplacent le regard (et peu à peu le projet), de la surface visible du fleuve vers ce qu’il transporte et contient, vers ce qui est latent.
L’artiste envisage cette résidence comme un temps de décantation pour consolider la pensée et faire émerger la forme/les formes du travail. Elle souhaite reprendre les observations, les lectures, les récits des rencontres, les expériences et les différentes pistes apparues au fil des mois, et mettre en relations ces données avec les formes produites par l’exploration plastique. Cela pourrait donner lieu à des dessins, des images imprimées, du volume,…
Il s’agit de comprendre comment les différentes échelles (du territoire, de l’eau, du macro, du micro) peuvent coexister dans ce projet (protéiforme et au long cours).
Ce travail ouvre également une réflexion sur la notion de surface, comme interface dynamique, liminale, où se rencontre air et eau, micro-organismes, minéraux et activités humaines.